Aller au contenu
Actualités

Mini Roadster : un petit cabriolet à part

Voiture décapotable blanche avec bandes noires, deux personnes à bord en train de rouler sur piste asphaltée.
Dans cet article
  1. Un petit roadster dans un marché difficile
  2. Mini Roadster : deux places et une capote
  3. Au volant de la Mini Roadster Cooper S

C’est une belle journée. Le soleil brille et l’air est agréablement doux. Je ne désire ni n’ai besoin de plus, ou de moins, qu’un petit roadster plein d’entrain. Il n’a que deux places, mais cela suffit aujourd’hui. Ce n’est pas une supercar, mais il roule, pour employer cette formule affreuse, aussi vite que les conditions le permettent. Voire un peu plus. Les routes sinueuses invitent à la conduite, mais elles sont étroites et parfois bosselées : je suis donc heureux de ne pas être au volant d’une voiture basse ou large. La campagne est magnifique et les odeurs évoquent le début du printemps. En apparence, c’est la vie rêvée. Pourtant, ce rêve ne semble pas occuper beaucoup d’esprits.

Un petit roadster dans un marché difficile

Lorsqu’un modèle est rare, est-ce parce qu’il est exclusif ou parce qu’il a échoué ? Prenez les petits roadsters deux places dérivés de citadines. Le Renault Wind vient de rendre son dernier souffle : faute d’intérêt, il a été retiré du marché britannique. Les Ford StreetKa et Fiat Barchetta appartiennent depuis longtemps au passé. Qui se souvient encore de la Honda CRX del Sol ? En règle générale, ces petites voitures ne rencontrent pas le succès.

Le groupe BMW-Mini sait pourtant, d’ordinaire, s’aventurer là où les autres échouent et séduire le public. Il y a bien eu des exceptions : je ne me souviens pas de ma dernière rencontre avec une Série 5 GT, et la Mini Clubman ne court pas non plus les rues. Mais s’il fallait miser sur un constructeur capable de réussir dans une catégorie où les autres ont échoué, ce serait sur cette équipe.

Mini Roadster : deux places et une capote

Qu’est-ce donc qu’une Mini Roadster ? Certaines Mini portent des noms peu explicites, comme la Paceman, mais celui-ci est clair : c’est une Mini à deux places dotée d’une simple capote en toile. Hormis des spoilers inférieurs et des bas de caisse en plastique plus marqués, la moitié avant de la carrosserie reprend exactement celle de la berline classique ou du cabriolet quatre places. La partie arrière et le pare-brise très incliné sont communs au nouveau Coupé deux places. Vous avez bien lu : la berline Mini a donné naissance à deux cabriolets différents, l’un à quatre places, l’autre à deux. Aucun ne remplace l’autre : ils poursuivront leur carrière en parallèle.

Cela fait beaucoup de Mini : berline, Cabriolet, Clubman, Coupé et Roadster. Sans compter les modèles plus hauts, le Countryman et, plus tard cette année, son dérivé Paceman, un crossover-coupé. Il faut un œil exercé pour toutes les distinguer. De même, je ne vais pas vous surprendre en décrivant le comportement de celle-ci : les différences tiennent surtout à des nuances.

L’absence de banquette arrière libère de la place pour des renforts métalliques transversaux derrière les sièges, qui rigidifient la caisse. Le Roadster conserve aussi les bas de caisse renforcés du Cabriolet. Sur les routes bosselées, on voit néanmoins l’image du rétroviseur se brouiller. La caisse est donc suffisamment rigide, sans l’être totalement.

Un becquet escamotable sur le couvercle de coffre vise à maintenir le cap à vitesse élevée. Si ce n’est pas lui qui s’en charge, autre chose y parvient, car la voiture ne louvoie pas. Capote ouverte, l’aérodynamique dans l’habitacle est également réussie. Sur autoroute, la chaîne audio reste audible et les turbulences ne vous secouent pas la tête. Le chauffage et les sièges chauffants, d’une efficacité à vous brûler les joues, peuvent faire leur travail.

Le pare-brise incliné profite peut-être à l’aérodynamique et au style, mais ses montants passent près de la tête et gênent sérieusement la visibilité. En revanche, la vue arrière est meilleure que dans le Cabriolet, car la capote se replie à plat. C’est aussi un avantage esthétique : le Cabriolet ressemble un peu à une poussette. La capote du Roadster se compose d’une simple couche de toile, dont les arceaux restent visibles de l’intérieur. Et alors ? Elle est très bien étanche et son fonctionnement électrique est de série.

Au volant de la Mini Roadster Cooper S

Je conduis une Cooper S chaussée de roues de 16 pouces : c’est suffisant. La puissance supplémentaire de la JCW ne conviendrait pas davantage que la fermeté de pneus plus larges et à profil plus bas, montés par exemple sur des roues de 18 pouces. Pas sur ces routes déformées, en tout cas. En accélérant franchement, on ressent déjà des remontées de couple dans la direction. Comme sur le Coupé, la suspension légèrement raffermie est censée procurer un comportement sportif. Mais, sur le Roadster, elle ne compense pas les torsions de la caisse, qui nuisent à la précision.

On peut malgré tout prendre plaisir dans les virages : la voiture sous-vire légèrement, mais réagit à l’accélérateur et resserre énergiquement sa trajectoire lorsqu’on relâche la pédale. C’est par le siège, et non par les mains, que l’on sent ce qu’elle fait. Comme sur toutes les Mini de génération R56, la direction est rapide et précise, mais dépourvue de sensations. Les remontées de couple, les claquements occasionnels de suspension, les mouvements de caisse et la direction muette rappellent tous que la Mini commence à vieillir et qu’une berline entièrement nouvelle doit arriver dans un an seulement.

Malgré ces défauts dynamiques, elle reste amusante. Faites entrer en action le moteur de 184 chevaux britanniques, soit environ 187 ch, puis montez dans les tours : une vague de puissance vous propulse. Il est facile de tirer le meilleur d’une Mini, car elle vous indique ce qu’elle fait.

Ce n’est toutefois pas un roadster sportif. Et voici le problème impossible à ignorer, prêt à s’abattre sur tous les petits cabriolets à traction avant pour les écraser : la Mazda MX-5. Dans cette Mini, on n’est pas assis bas et bien calé. On ne se trouve pas au-dessus des roues arrière et un long capot ne s’étend pas devant soi. Elle n’offre ni la pureté de direction d’une propulsion ni la fluidité de son passage de vitesses. La Mazda a tout simplement quelque chose de plus spécial. La Mini donne l’impression de retrouver la dernière Mini que vous avez conduite.

Mais c’est le principe. Elle vous enveloppe dans le cocon rassurant associé à Mini. Et oui, il y a des Mini partout, mais regardez-moi : celle-ci n’a que deux places… C’est une affirmation d’individualité pour conformistes. De petits pas vers la liberté.

Derniers articles

Julien Martel

Julien Martel est spécialiste du contrôle technique automobile et de la réglementation routière en Dordogne. Installé près de Bergerac, il accompagne les automobilistes dans la compréhension des points de contrôle, de la contre-visite et de l’entretien préventif des véhicules. Il s’intéresse particulièrement à la sécurité routière, aux émissions polluantes et aux évolutions des normes applicables au contrôle technique.

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier!

Laisser un commentaire