Elon Musk fait son retour au sommet de l’État américain. Le Pentagone lui a confié un projet consacré à la conception des armes et des technologies qui serviront aux guerres de demain. Une décision qui soulève la question des conflits d’intérêts.
Le projet Meridian confié à Elon Musk et à deux autres responsables
Le 30 septembre, sur la base du corps des Marines de Quantico, en Virginie, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a prononcé un discours énergique sur l’« État de la Force » devant de jeunes officiers et des responsables militaires. Il y a annoncé le lancement du projet Meridian, placé sous la supervision d’Emil Michael, chef de la technologie du Pentagone. Cette initiative doit examiner les champs de bataille futurs et imaginer les armes de demain.
Pete Hegseth a précisé : « Le projet Meridian, le futur de la guerre, ne concerne pas le développement de nouvelles stratégies ou de nouvelles politiques ». Son ambition consiste plutôt à « identifier les domaines que nous devons conquérir et les capacités que nous devons maîtriser ». Le Pentagone entend ainsi « découvrir, développer et déployer » des armes et des technologies capables de fonctionner dans de nouveaux environnements, « du sous-sol jusqu’au-delà de la Lune ».
Elon Musk conduira cette mission inédite aux côtés de Palmer Luckey, fondateur de l’entreprise de défense Anduril et cofondateur d’Oculus, ainsi que de Newt Gingrich, ancien président républicain de la Chambre des représentants. Aucun des trois n’a servi dans l’armée américaine.
Musk revient en grâce auprès de Trump
Avec cette nomination, le patron de SpaceX revient officiellement au gouvernement. Il avait pourtant affirmé en avoir terminé avec la politique après avoir dirigé le département de l’Efficacité gouvernementale (DOGE), très controversé, et versé plusieurs dizaines de millions de dollars à la campagne de Trump.
Les deux hommes s’étaient ensuite brouillés, Elon Musk ayant publiquement critiqué le grand projet de loi budgétaire du président. En réponse, ce dernier avait menacé de supprimer les subventions accordées à Tesla et SpaceX. Leur affrontement avait même pris la forme d’un règlement de comptes personnel sur les réseaux sociaux, avant de s’apaiser. Très remarqué lors du récent sommet technologique de la Maison-Blanche, Elon Musk officialise désormais sa réconciliation avec l’administration Trump.
Des conflits d’intérêts en question
Pete Hegseth affiche quant à lui sa fermeté : « La Chine et nos adversaires n’attendent pas. Pour maintenir notre dominance globale, les États-Unis doivent anticiper les futurs environnements opérationnels et agir de manière décisive pour développer les outils permettant d’y dominer ».
Le nouveau dispositif suscite toutefois des interrogations. En chargeant Musk et Luckey de cette réflexion stratégique, le département de la Défense donne les commandes à deux grands acteurs du secteur privé. SpaceX perçoit déjà des milliards de dollars grâce à des contrats militaires, tandis qu’Anduril équipe les forces armées de nombreux systèmes autonomes et anti-drones.
Un champ d’étude allant de l’intelligence artificielle à l’espace
Les conclusions du projet doivent être publiées dans un rapport d’ici à 120 jours. Son champ d’action demeure néanmoins très large et encore mal défini : il couvre aussi bien l’intelligence artificielle et la robotique que l’autonomie et les technologies spatiales ou souterraines. Il est très probable que les hommes d’affaires à sa tête chercheront à placer leurs pions pour stimuler des activités qui leur rapporteront beaucoup.






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