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Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 : essai de la version à transmission intégrale

Voiture rouge Alfa Romeo Junior Q4 garée dans un showroom lumineux avec vue sur une ville en arrière-plan.
Dans cet article
  1. Quelles différences pour le Junior Ibrida Q4 ?
  2. Une gamme plus complète
  3. De nouveaux atouts
  4. L’écart de prix se justifie-t-il ?
  5. Verdict

La transmission intégrale n’est pas le seul nouvel atout de l’Alfa Romeo Junior Ibrida Q4, mais cette version présente un inconvénient majeur.

Le nouveau Alfa Romeo Junior accueille une déclinaison supplémentaire à son catalogue : l’Ibrida Q4. Comme son nom le laisse entendre, elle se distingue par sa transmission intégrale.

Un moteur électrique supplémentaire installé sur l’essieu arrière permet au Junior Ibrida Q4 de mieux affronter les conditions de faible adhérence. Le SUV du segment B d’Alfa Romeo gagne ainsi une polyvalence dont il ne disposait pas jusqu’à présent.

Cela suffit-il toutefois à justifier les 7 500 euros supplémentaires réclamés par la marque italienne ? Cette version a-t-elle du sens sur le marché portugais ? Nous sommes allés la conduire à Turin, en Italie, pour trouver des réponses.

Quelles différences pour le Junior Ibrida Q4 ?

De l’extérieur, le Junior Ibrida Q4 se distingue difficilement des autres versions. Sans l’insigne à l’arrière, le scudetto de facture plus traditionnelle à l’avant et les jantes de 18 pouces montées de série, il serait impossible de reconnaître cette nouvelle variante.

Le constat est similaire dans l’habitacle, qui reprend exactement les mêmes choix esthétiques que le Junior hybride à traction avant.

Un point mérite néanmoins d’être souligné : dès l’entrée de gamme, le Junior Ibrida Q4 bénéficie d’une dotation nettement plus généreuse. Sur la finition haut de gamme Intensa, les seules options sont la peinture, qui peut être bicolore, le toit panoramique et le pack Sport, lequel ajoute notamment des sièges baquets signés Sabelt.

Une gamme plus complète

C’est sur la route que les particularités de ce Junior Ibrida Q4 deviennent réellement perceptibles. Il s’agit, du moins pour l’instant, de la seule version à transmission intégrale du petit SUV Alfa Romeo, dont la gamme de motorisations figure désormais parmi les plus vastes du segment.

Pour rappel, le Junior existe en deux versions 100 % électriques, de 115 kW (156 ch) et de 205 kW (280 ch), ainsi qu’en deux variantes hybrides : une traction avant de 136 ch et, désormais, une transmission intégrale de 145 ch.

Pour ce nouvel Ibrida Q4, Alfa Romeo associe un moteur turbo de 1,2 l développant 136 ch à deux moteurs électriques de 21 kW (29 ch). Le premier prend place à l’avant, intégré à la boîte automatique à double embrayage à six rapports ; le second se trouve sur l’essieu arrière.

S’y ajoutent une batterie d’une capacité de 0,89 kWh et un système électrique de 48 V. Cet ensemble permet de circuler une grande partie du temps en ville sans « réveiller » le moteur thermique.

De nouveaux atouts

Aucune liaison physique ne relie les deux essieux. La transmission intégrale est donc entièrement pilotée par logiciel, qui assure en permanence une répartition équilibrée du couple et améliore la motricité, même lorsque l’adhérence se dégrade.

Lors de cette première prise en main à Turin, j’ai pu essayer le Junior Ibrida Q4 sur une large piste couverte de gravier meuble. L’efficacité du système m’a surpris par rapport à celle du Junior Ibrida à traction avant. Ce système n’a ajouté que 100 kg au poids du modèle.

Bien qu’un peu plus puissant que l’Ibrida à traction avant, le Q4 est moins rapide sur l’exercice du 0 à 100 km/h : 9,1 s contre 8,7 s. Cet écart minime s’explique surtout par le surpoids : 195 kg séparent les deux variantes.

Inutile de préciser que cette différence ne se ressent pas sur la route. À aucun moment de ce premier essai, je n’ai trouvé que le Junior Ibrida Q4 manquait de « puissance de feu ».

Une chose est pourtant apparue clairement : l’Ibrida Q4 est bien plus capable que le Junior Ibrida classique à deux roues motrices. La transmission intégrale y contribue, puisqu’elle lui permet notamment d’aller là où la version à traction avant ne peut pas passer. Mais l’écart le plus important se trouve ailleurs.

Il s’agit de la suspension arrière indépendante à architecture multibras. Cette solution est totalement nouvelle pour les modèles reposant sur cette plateforme et, par conséquent, inédite dans la gamme Junior.

Alfa Romeo a également équipé ce Junior Ibrida Q4 de nouveaux amortisseurs avant, de nouveaux ressorts et d’une nouvelle barre stabilisatrice, ce qui a largement contribué à améliorer les sensations de conduite.

Comparé au Junior Ibrida « normal », le Junior Q4 offre un comportement plus raffiné et plus confortable, tout en donnant l’impression d’être mieux posé sur la route.

On sent aussi qu’il est possible de ressortir des virages plus vite, car on peut commencer à accélérer bien plus tôt. La direction reste précise et la pédale de frein bien calibrée.

Pour découvrir ce que donne la conduite de cette nouvelle version du SUV italien, le mieux est de regarder la vidéo mise en avant dans cet essai.

L’écart de prix se justifie-t-il ?

Le nouvel Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 peut déjà être commandé au Portugal, à partir de 37 000 euros. La version Ibrida Intensa Q4, mieux équipée, débute à 39 000 euros. Les premières unités arriveront à la fin avril.

Le Junior Ibrida à traction avant d’entrée de gamme étant proposé à partir de 29 500 euros, il faut donc débourser 7 500 euros de plus pour accéder au Junior Q4 de base. En comparant les finitions haut de gamme Intensa, la différence tombe toutefois à 3 500 euros.

Ces écarts sont loin d’être négligeables, d’autant que l’on parle d’un modèle du segment B. Une question se pose alors : vaut-il la peine de payer davantage pour bénéficier de la transmission intégrale ?

Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise réponse. Tout dépend des besoins de chacun et, surtout, de ce que l’on attend d’un véhicule de ce type.

Pour un SUV du segment B destiné aux courts trajets quotidiens, payer les 37 000 euros demandés pour ce Junior Q4 n’a guère de sens. En revanche, si l’on cherche un modèle capable de « se salir les pieds » sur un chemin de terre, ou une proposition plus équilibrée et raffinée sur route, cette nouvelle version mérite davantage d’attention.

Dans un pays d’Europe du Nord, où les hivers imposent d’autres contraintes, la question ne se poserait même pas. Au Portugal, le choix dépendra réellement des besoins de chacun.

Une chose est sûre : en faisant abstraction des prix, le Junior Ibrida Q4 constitue une proposition solide, qui apporte de véritables atouts supplémentaires à un modèle dont on peut désormais considérer qu’il était très réussi dès sa conception.

Verdict

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Julien Martel

Julien Martel est spécialiste du contrôle technique automobile et de la réglementation routière en Dordogne. Installé près de Bergerac, il accompagne les automobilistes dans la compréhension des points de contrôle, de la contre-visite et de l’entretien préventif des véhicules. Il s’intéresse particulièrement à la sécurité routière, aux émissions polluantes et aux évolutions des normes applicables au contrôle technique.

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