Peugeot cultive son côté décalé. Son nouveau langage stylistique se veut même félin, au point de porter le nom d’« avenir félin ». La marque souhaite incarner une vision française originale et extravertie, sans pour autant verser dans une excentricité forcée.
La RCZ Vision illustre cette orientation. Ce coupé aux lignes nettes rappelle son aînée, commercialisée de 2009 à 2015 et écoulée à un respectable total de 68 000 exemplaires. Son allure a de quoi séduire, mais l’essentiel se trouve dans son habitacle et sous sa carrosserie : elle présente deux évolutions majeures qui doivent bel et bien arriver.
Peugeot RCZ Vision : plateforme STLA et conduite électronique
Au cœur de la RCZ se trouve l’architecture STLA, une immense plateforme modulaire destinée à servir de base à plus de 30 nouveaux modèles des marques Stellantis, à raison de deux millions de véhicules par an d’ici à 2035. Elle s’accompagne d’un nouveau système logiciel et de commande baptisé STLA Brain, qui doit accélérer le développement de la conduite autonome et d’innovations comme la direction à commande électronique.
Cette dernière joue aussi un rôle central dans la RCZ Vision. Peugeot avait été l’un des premiers constructeurs à repenser véritablement l’habitacle automobile avec son i-Cockpit, étrange mais étonnamment efficace. Le nouveau concept-car approfondit cette idée de plusieurs façons : parmi les éléments marquants figurent des aérateurs « mobiles » capables de disparaître lorsqu’ils ne servent pas, une console centrale en aluminium coiffée de verre dépoli et un écran micro-LED transparent placé au-dessus du volant. Le conducteur peut configurer ce dernier pour afficher autant ou aussi peu d’informations qu’il le souhaite.
Enfin, parler de volant est un raccourci. L’innovation qui domine l’habitacle de la RCZ est le dispositif appelé Hypersquare, qui rassemble les commandes dans quatre anneaux. Il faudra sans doute un temps d’adaptation, même si son ergonomie nous semble bien pensée. Autre nouveauté déroutante : la direction à commande électronique ne comporte aucune liaison mécanique, tout fonctionne à 100 % électroniquement.
Elle est aussi rapide : le volant effectue un peu moins d’un tour entre ses positions extrêmes, contre les trois tours auxquels nous sommes habitués. Un rapport de direction variable évite de se sentir désorienté à vitesse autoroutière, tandis que les vibrations et les réactions de couple dans la direction appartiennent désormais à une autre époque. La RCZ, comme toutes les futures Peugeot, disposera également d’un freinage à commande électronique.
Une batterie solide pour la Peugeot RCZ Vision
Et pour la motorisation ? La plateforme STLA One peut accueillir un moteur thermique, mais ce n’est pas le choix retenu ici. La RCZ Vision adopte une batterie solide reposant sur une architecture de 1 000 volts, capable de passer de 10 à 80 % de charge en 10 minutes.
La plupart des grands constructeurs étudient cette technologie, dont le principal avantage est d’offrir une densité énergétique supérieure dans un ensemble plus compact. Peugeot travaille avec Factorial Energy pour la concrétiser ; Stellantis détient une participation de 9,5 % dans cette entreprise. La marque annonce pour la RCZ une puissance de 491 ch britanniques, soit environ 498 ch, vise une autonomie de 604 km et indique une efficacité globale de 8,7 km/kWh.
Le design félin de la Peugeot RCZ Vision
Revenons au nouveau langage stylistique. Matthias Hossann, directeur du design de Peugeot, explique qu’il repose sur cinq principes : la liberté, le courage, l’élégance, l’instinct et la force intérieure. Pour le sens de ce dernier, les réponses sont attendues sur une carte postale, si quelqu’un se souvient encore de ce que c’est. La RCZ est indéniablement jolie, même si elle se montre moins extravagante que certains anciens concepts de la marque, qui méritent d’être redécouverts, aussi loin que l’on souhaite remonter.
Les « griffes » lumineuses horizontales sont bien présentes à l’avant comme à l’arrière, tandis qu’un motif RCZ microperforé traverse le pare-chocs. Le traitement du toit vitré en forme de bulle reprend celui du modèle d’origine et la silhouette élancée est rendue possible par une batterie de seulement 110 mm d’épaisseur. Les roues en aluminium forgé contribuent à réduire le poids : elles mesurent 53,3 cm à l’avant et 55,9 cm à l’arrière, soit respectivement 21 et 22 pouces.
On remarquera aussi les motifs triangulaires, autre clin d’œil à la première RCZ. Dans l’habitacle, une horloge de tableau de bord signée par le spécialiste français Serica côtoie suffisamment de commandes physiques pour satisfaire les défenseurs de l’analogique. Le cuir recyclé Pelinova utilise quant à lui des chutes qui auraient autrement fini à la poubelle.
Rien n’indique encore si la RCZ sera produite en série. En revanche, une grande partie des technologies et des idées qu’elle renferme verra bel et bien le jour à 100 %. Une bonne nouvelle.






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