La « course » à la conduite autonome est lancée : un nombre croissant de voitures peuvent prendre les commandes dans certaines situations, mais seulement pendant de courtes périodes et sous la surveillance constante du conducteur.
Après les Pays-Bas, qui ont autorisé temporairement le système de conduite autonome de niveau 2 de Tesla, le Full Self-Driving Supervised, d’autres pays de l’Union européenne (UE), dont la Belgique, leur ont emboîté le pas.
L’étape suivante consisterait à obtenir une autorisation pour l’ensemble de l’Union. Elon Musk avait lui-même indiqué que la marque américaine attendait un vote décisif le 6 octobre au sein du Comité technique des véhicules à moteur (TCMV) de la Commission européenne. Celui-ci a toutefois été reporté et ne devrait se tenir qu’en décembre, selon Reuters.
Pour être adoptée, la proposition doit recevoir le soutien d’au moins 15 des 27 États membres, représentant au minimum 65 % de la population de l’Union européenne. Découvrez ce que nous avons pensé du système.
Quels sont les enjeux ?
Ce report intervient alors que plusieurs pays de l’UE ont déjà exprimé leurs inquiétudes sur le fonctionnement du FSD, notamment en matière de respect des limitations de vitesse. Une étude récente de l’organisation belge de sécurité routière Johanna.be apporte de nouveaux éléments au débat.
L’association a soumis le système de conduite autonome de Tesla à des essais pendant trois jours, sur près de 400 kilomètres, et relevé des défaillances qu’elle juge préoccupantes. Le rapport reconnaît que la technologie s’est montrée « prudente et courtoise envers les piétons et les cyclistes, en leur cédant spontanément le passage », mais son comportement général était loin d’être irréprochable.
Le FSD de Tesla face aux limitations de vitesse
Parmi les problèmes observés, le non-respect des limitations de vitesse est le plus souvent cité. À plusieurs reprises, le FSD a dépassé la vitesse autorisée sur 55 % des tronçons testés limités à 30 km/h. Dans ces cas, la vitesse moyenne a atteint 44 km/h. Le même constat a été établi dans 42 % des zones résidentielles analysées où la limite était fixée à 20 km/h.
L’étude a également mis en évidence des erreurs dans les informations de limitation de vitesse fournies au conducteur. Dans de nombreux cas examinés, la voiture identifiait correctement un panneau indiquant 30 km/h, avant d’afficher à l’écran une limite de 50 km/h.
Des dépassements de cyclistes en Belgique
Lors des essais menés dans des rues partagées avec des vélos, l’organisation a aussi constaté plusieurs tentatives de dépassement de cyclistes, « alors que la législation belge interdit expressément ces manœuvres », indique le rapport.
Tesla répond
De son côté, Tesla affirme, sur la base de ses propres données, que le FSD ajuste sa vitesse au flux de circulation et ne roule pas de manière significative à des vitesses excessives.
D’après les chiffres du constructeur, portant sur plus de 100 millions de kilomètres parcourus entre avril et août, les véhicules utilisant le système ont été impliqués dans trois collisions sur autoroute et neuf hors autoroute. En comparaison, la marque avance respectivement 137 et 490 collisions pour les véhicules conduits manuellement.
Le ministère flamand des Transports a rappelé que le FSD est un « système d’apprentissage continu » et souligné que, sur le plan juridique, le conducteur reste responsable et doit pouvoir intervenir à tout moment. L’autorité néerlandaise RDW, qui a approuvé le système en avril, a confirmé qu’elle examinerait les données du rapport belge, tout en précisant que toute décision nécessite une évaluation approfondie du contexte.






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