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Toyota Yaris Cross : essai du B-SUV hybride japonais

SUV Toyota Yaris X B-SUV blanc et noir exposé dans un showroom moderne avec borne de recharge électrique.
Dans cet article
  1. Bien plus qu’une « Yaris surélevée »
  2. Toyota Yaris Cross : le « nouveau normal » de Toyota
  3. La force de l’expérience hybride
  4. Est-ce la voiture qu’il vous faut ?

Installé sous le C-HR dans la gamme, le Toyota Yaris Cross constitue la réponse de la marque japonaise à l’un des segments européens les plus dynamiques de ces dernières années : celui des B-SUV.

Cette arrivée intervient relativement tardivement, ce qui a quelque chose d’étonnant. Toyota figure en effet parmi les précurseurs de cette catégorie : dans les années 1990 avec le premier RAV4 - qui était bien, à l’origine, un petit SUV -, puis en 2009 avec l’Urban Cruiser, aujourd’hui « oublié », lancé un an avant le Nissan Juke, le B-SUV qui a fini par façonner le segment.

Avec ce « temps supplémentaire » pour mettre au point le Yaris Cross, la nouvelle proposition de Toyota possède-t-elle les qualités nécessaires pour rivaliser avec les références de la catégorie ? Nous l’avons mis à l’épreuve pour le vérifier.

Bien plus qu’une « Yaris surélevée »

Bien qu’il partage son nom avec la citadine à succès, le Yaris Cross affirme une identité qui lui est propre. La peinture bicolore or et noir de notre modèle d’essai y contribue fortement et, à titre personnel, je la trouve particulièrement réussie. Sa garde au sol de 160 mm mérite également d’être soulignée, car elle lui donne une allure nettement plus baroudeuse.

À bord, la planche de bord reprend intégralement celle de la Yaris. On y retrouve une présentation robuste ainsi qu’une multitude de rangements. Toyota a aussi eu la bonne idée de conserver des commandes physiques pour la climatisation et des touches de raccourci pour le nouveau système d’infodivertissement. Plus agréable à utiliser que les précédents systèmes de la marque, celui-ci pourrait néanmoins se montrer plus réactif.

Jusqu’ici, le Yaris Cross tient tête à ses concurrents, aussi bien par son niveau d’équipement que par sa solidité perçue et ses matériaux, majoritairement rigides. Le constat diffère toutefois en matière d’habitabilité.

L’augmentation des dimensions par rapport à la Yaris se traduit certes par davantage d’espace à bord, mais le Yaris Cross reste plus étroit aux places arrière que ses rivaux. La faible amplitude d’ouverture des portes n’arrange rien, notamment lorsqu’il faut installer des sièges enfant sur cette rangée.

Concernant justement les places arrière, elles sont confortables, mais leurs appuie-tête, fixes et hauts, nuisent à la visibilité vers l’arrière.

Le Toyota Yaris Cross se rattrape en revanche avec son coffre, dont le volume atteint 397 litres, une valeur très satisfaisante. Sa modularité constitue un autre atout : il dispose d’un double plancher scindé en deux parties, ce qui permet d’abaisser un seul côté du coffre.

Toyota Yaris Cross : le « nouveau normal » de Toyota

De plus en plus déterminée à concevoir des voitures « pas ennuyeuses » - comme le répète régulièrement Akio Toyoda, président de Toyota -, la marque a fait du Yaris Cross l’un des B-SUV les plus plaisants à conduire.

L’association d’un amortissement ferme, sans jamais devenir inconfortable, et de jantes de 18 pouces chaussées de pneus à profil plus bas permet au Yaris Cross d’afficher un comportement très convaincant, voire… ludique.

OK, sa direction est légère et moins aboutie que celle du Puma, mais elle reste précise et directe. Dans les faits, le modèle japonais n’est pas si éloigné de la proposition Ford sur le plan dynamique.

Toutefois, aucune « belle sans défaut » n’existe : l’insonorisation mériterait d’être améliorée. Les pneus à profil bas sont audibles, tout comme les bruits aérodynamiques et la sonorité du moteur thermique, en particulier sur autoroute.

La force de l’expérience hybride

Puisqu’il est question du moteur, le trois-cylindres de 1,5 l est associé à un moteur électrique et à une transmission e-CVT, l’ensemble constituant le système hybride. Sans prétendre être une référence en matière de performances - ce qui n’était pas attendu avec ses 116 ch de puissance cumulée -, il séduit avant tout par son efficacité et son fonctionnement très doux en circulation urbaine.

Démontrant l’expérience de Toyota dans le « monde » de l’hybride, ce 1.5 Hybrid, déjà connu sur la Yaris, m’a permis de relever une consommation moyenne de 4,7 l/100 km. Un résultat obtenu, assez curieusement, sur des trajets effectués majoritairement sur autoroute et sur route nationale. En ville, la consommation s’est située entre 5,5 l/100 km et 5,7 l/100 km.

Cela s’explique en grande partie par la capacité de cette motorisation à rouler, selon Toyota, jusqu’à +70 % du temps en ville en mode 100 % électrique. Il m’a évidemment été impossible de mesurer avec précision la part des kilomètres parcourus en électrique, mais en milieu urbain, le moteur thermique s’est rarement fait entendre.

Face à une concurrence qui mise, dans sa grande majorité, uniquement sur des moteurs thermiques - parfois accompagnés d’un système mild-hybrid - ou sur des hybrides plug-in, le Yaris Cross s’impose comme une « solution de compromis », et ce n’est pas péjoratif.

Cette technologie hybride autorise en effet de véritables économies, sans « imposer » de recharger fréquemment la batterie, contrairement aux hybrides plug-in.

Est-ce la voiture qu’il vous faut ?

Toyota a pris son temps avant de s’engager pleinement dans le segment des B-SUV, mais, lorsqu’elle l’a fait, la marque a mis toute son expertise des SUV au service de son « benjamin ».

Même s’il n’est pas le plus spacieux de sa catégorie, le Toyota Yaris Cross compense cette faiblesse grâce à une mécanique qui en fait l’une des options les plus intéressantes pour les conducteurs effectuant l’essentiel de leurs trajets en ville.

En dehors de cet usage, le SUV japonais ne démérite pas non plus. Il est seulement « trahi » par son insonorisation, surtout celle du moteur à haut régime. Néanmoins, il suffit de consulter l’ordinateur de bord et les consommations enregistrées pour vite oublier ce détail.

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Julien Martel

Julien Martel est spécialiste du contrôle technique automobile et de la réglementation routière en Dordogne. Installé près de Bergerac, il accompagne les automobilistes dans la compréhension des points de contrôle, de la contre-visite et de l’entretien préventif des véhicules. Il s’intéresse particulièrement à la sécurité routière, aux émissions polluantes et aux évolutions des normes applicables au contrôle technique.

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