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Tesla Roadster : la voiture électrique qui peut désormais voler

Voiture de sport électrique blanche au design futuriste avec fenêtre noire et aileron arrière sur sol brillant.
Dans cet article
  1. Tesla Roadster : une carrosserie et une aérodynamique inédites
  2. Batterie, propulsion et effet de sol
  3. Les quatre versions du Tesla Roadster

Tesla a enfin dévoilé la version de série du nouveau Roadster. Et si la présentation suscite l’émerveillement, elle soulève aussi pas mal de questions.

Le Tesla Roadster fait probablement le tour des sites automobiles en ce moment. Pourtant, il faut sans doute prendre un instant pour mesurer ce que Tesla préparait discrètement depuis neuf ans : le calendrier a connu bien des détours depuis la première évocation du projet, en 2014.

La voiture de série est finalement là, et elle peut voler. Elle peut aussi rouler au plafond. Cela paraît complètement absurde, mais la fiction est devenue réalité lors d’une démonstration Tesla à couper le souffle.

Photographie : Greg Pajo

Nous avons vu le Roadster effectuer un tonneau au-dessus d’un camion Semi, rouler à l’envers et passer de 0 à 97 km/h à une vitesse à vous briser la nuque. En revanche, les détails sur la voiture que l’on pourra réellement acheter étaient rares. C’est donc l’objet de ce tour d’horizon.

Préparez-vous à une avalanche de caractéristiques : il y a beaucoup à examiner. Pour situer les choses, Top Gear a découvert la voiture avant l’événement organisé en direct par Tesla au Texas. Même à ce stade, le secret restait entier : nous avons dû porter des bandeaux sur les yeux. L’expérience a pris une tournure un peu étrange.

Tesla Roadster : une carrosserie et une aérodynamique inédites

Pour commencer, il s’agit d’un véhicule entièrement nouveau, sans lien avec les précédents Roadster. La carrosserie évoque une Tesla étirée et sculptée pour créer une interprétation moderne de la Lotus Esprit, qui lui a servi d’inspiration. Son appartenance à la famille Tesla reste reconnaissable, même si le traitement des surfaces et des courbes donne naissance à quelque chose de tout à fait inédit.

Un vrai roadster ? Non, mais il possède des panneaux de toit amovibles, qui se rangent dans le coffre et permettent de rouler les cheveux au vent. L’aérodynamique supérieure est entièrement active : des grilles mobiles sont placées en retrait de l’entrée d’air avant, une ouverture pivotante dans le capot évacue l’air chaud du ventilateur avant, et des déflecteurs déployables derrière les roues avant extraient l’air en surpression des passages de roue.

L’aileron arrière se déploie vers le haut et vers l’arrière. Il dispose de modes à faible traînée et à fort appui, ainsi que d’une fonction de frein aérodynamique. Les versions les plus rapides reçoivent une hauteur de caisse active et des amortisseurs actifs à tiroir, une technologie que Top Gear apprécie particulièrement. Et puis il y a le reste…

Batterie, propulsion et effet de sol

Toutes les versions reposent sur les mêmes principes : une carrosserie en carbone et un long empattement abritant une grande batterie. Tesla n’en a pas encore confirmé la capacité exacte. Sa chimie est conventionnelle, mais dense en énergie, et elle utilise les cellules les plus récentes et les plus performantes de la marque.

L’autonomie varie de 499 à 515 km selon le modèle. Deux moteurs, installés à l’intérieur de l’essieu arrière, assurent la répartition vectorielle du couple. Toutes les versions sont des propulsions. La plus légère, le Roadster de base, devrait peser moins de 1 700 kg, ce qui est loin d’être mauvais. Toutes acceptent une recharge à 500 kW, permettant de passer de 15 à 80 % en moins de 15 minutes. Mais la suite est encore plus étonnante.

Des jupes inférieures déployables et des ventilateurs d’extraction dans le pare-chocs arrière créent un effet de sol en temps réel. La voiture s’aspire littéralement contre la route, un peu comme une McMurtry Spierling. Selon la version choisie, un réservoir d’air sous pression de 200 litres peut aussi remplacer le coffre et projeter de l’air comprimé par quatre buses à l’arrière.

Cette poussée ne dépend pas de l’adhérence des pneus et permet un 0 à 97 km/h en 0,85 seconde. Moins d’une seconde pour atteindre cette vitesse : c’est difficile même pour une voiture spécialement conçue pour les courses d’accélération. Mais le réservoir se vide en six secondes seulement et doit être rempli dans une station : chaque charge ne sert donc qu’une fois.

La suite est encore plus folle. La variante Rocket supprime le siège passager, ajoute un réservoir de 400 litres et six propulseurs supplémentaires à l’avant et sur les côtés. Ceux-ci peuvent aider la voiture à freiner et à tourner, ou au moins à corriger son mouvement de lacet. Ils peuvent aussi être orientés vers le bas pour lui permettre de quitter le sol, de voler, puis de se poser en douceur. Il faut parfois un moment pour assimiler cette idée.

Les quatre versions du Tesla Roadster

Récapitulons : le Roadster existe en réalité en quatre versions. Le modèle standard, capable d’atteindre 338 km/h, devrait développer 800 kW, soit 1 073 bhp, et environ 1 200 Nm de couple. Il dispose de systèmes Venturi « classiques » sous la carrosserie et devrait passer de 0 à 97 km/h en moins de deux secondes.

La version Performance porte la puissance à un mégawatt, soit 1 350 bhp, et le couple à environ 1 400 Nm. Elle reçoit les ventilateurs d’effet de sol, une suspension adaptative et quelques autres modifications.

La version Thrust ajoute le système de propulsion à air froid de 200 litres et ses quatre buses, pour réaliser cet incroyable 0 à 97 km/h.

Enfin, la Rocket, produite en série limitée, reçoit six buses supplémentaires à l’avant et sur les côtés, une seule place et un réservoir de 600 litres… sans oublier la capacité de voler. Même Tesla ne sait pas vraiment jusqu’où ses performances peuvent aller, mais estime son 0 à 97 km/h à 0,59 seconde. Zéro virgule cinq neuf.

Tous les modèles d’un mégawatt atteignent 370 km/h. Un développement supplémentaire serait toutefois en cours pour viser 483 km/h. Tesla n’a encore rien annoncé sur l’écart de prix entre la version « Standard » et la « Rocket », mais il pourrait se chiffrer en millions de dollars.

À bord, l’ensemble est remarquablement raisonnable. Les sièges placent les hanches appréciablement bas tout en offrant beaucoup d’espace aux épaules, et leur dossier se règle manuellement. La colonne de direction et le pédalier sont également réglables, ce qui facilite l’installation. La direction utilise un volant de type aviation et une commande électrique à démultiplication variable ; le freinage est lui aussi à commande électronique. Tesla assure néanmoins que les sensations sont remarquablement précises. L’objectif était d’en faire la meilleure voiture de sport possible.

Un écran assez grand occupe le centre de l’habitacle. Ses animations sont exceptionnelles et le résultat est superbe. La base du pare-brise paraît très éloignée, tandis qu’un bandeau d’affichage placé au bas de celui-ci présente les informations utiles. L’ambiance rappelle davantage une grande routière qu’une voiture de course dépouillée, même si la présence d’un réservoir supplémentaire de 400 litres à la place du passager pourrait changer un peu la donne. Ce sera une expérience à vivre.

Avec cette voiture, Tesla repousse les limites pour le plaisir de les repousser. Les capacités du Roadster sont en grande partie inutiles et pourtant absolument fascinantes. L’ensemble est vraiment un peu fou.

Il faudra du temps pour assimiler tout ce que contient cette voiture et en faire un bilan complet, mais on a le sentiment d’assister au moment Veyron de Tesla. Les dirigeants avancent très tôt des promesses extravagantes, puis les ingénieurs et les designers les concrétisent parce qu’on leur laisse la liberté de jouer avec les conventions.

Au fond, le Tesla Roadster est un mythe qui s’est imposé dans la réalité, même s’il ressemble encore à un conte de fées.

49 minutes et 13 secondes

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Julien Martel

Julien Martel est spécialiste du contrôle technique automobile et de la réglementation routière en Dordogne. Installé près de Bergerac, il accompagne les automobilistes dans la compréhension des points de contrôle, de la contre-visite et de l’entretien préventif des véhicules. Il s’intéresse particulièrement à la sécurité routière, aux émissions polluantes et aux évolutions des normes applicables au contrôle technique.

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