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ENGWE N1 Air : notre test complet du VAE urbain en carbone

Homme en short et t-shirt assis sur un vélo électrique noir sur une piste cyclable urbaine.
Dans cet article
  1. Un montage simple et rapide
  2. Le carbone qui fait la différence
  3. Un moteur discret, mais convaincant
  4. Autonomie : des chiffres annoncés à l’usage réel
  5. Freinage et transmission : des choix classiques et efficaces
  6. Un confort urbain bien réel
  7. Des fonctions connectées appréciables
  8. ENGWE N1 Air : l’avis de Presse-Citron
  9. ENGWE N1 Air
  10. On aime
  11. On aime moins

Avec le N1 Air, ENGWE opère un vrai virage : exit le VAE ludique aux pneus surdimensionnés, la marque mise désormais sur un commuter léger, sobre et bien plus élégant. L’idée, aussi simple qu’ambitieuse, consiste à démocratiser le carbone sans rogner sur les indispensables du quotidien. Après trois mois de vélotaf, voici notre bilan du N1 Air en conditions réelles.

ENGWE s’est longtemps fait connaître grâce à des VAE amusants, souvent très équipés, parfois un peu rustiques, mais attachants à l’usage. Le N1 Air cible une clientèle différente : les citadins et vélotafeurs à la recherche d’un vélo moderne, léger et débarrassé des pneus de tracteur.

Le N1 Air ne cherche ni à devenir un cargo ni à se faire passer pour un VTT. Il assume pleinement son rôle de *commuter* : suffisamment léger pour être porté dans un escalier, assez agile pour se glisser dans le trafic et assez simple pour rouler chaque jour sans faire de l’entretien une contrainte. Il avance de sérieux arguments : cadre en carbone, style premium, batterie extractible, capteur de couple annoncé et protection connectée intégrée.

Cette recette vous semble familière ? C’est logique : nous avions déjà essayé son grand frère, le N1 Pro, à sa sortie en février dernier. ENGWE nous ayant proposé de prendre en main le N1 Air, nous avons accepté sans hésiter. Proposé à partir de 1 449 €, mérite-t-il réellement son tarif ? Réponse détaillée dans ce test.

Un montage simple et rapide

Le N1 Air est livré dans un carton assez compact, avec une protection efficace pour le transport. ENGWE a soigné la présentation : la notice est claire - en anglais sur notre exemplaire, mais une version française est accessible par QR code - et l’ensemble des outils nécessaires est rangé dans une petite sacoche.

Prévoyez entre 30 et 45 minutes de montage, selon votre aisance en mécanique. Il faut monter la roue avant, positionner le guidon, installer les pédales et régler la selle. L’opération reste très accessible, même si la présence d’une seconde personne rend le tout plus confortable et plus rapide. ENGWE propose également une vidéo de montage sur sa chaîne YouTube, au point de rendre le guide papier presque superflu.

Le phare avant se pilote directement depuis la commande déportée. Par défaut, il s’active automatiquement lorsque la luminosité baisse. Le feu arrière fonctionne, de son côté, comme un éclairage autonome : il possède sa propre batterie, alimentée par un petit panneau solaire, et s’allume dès qu’il fait sombre. Mieux vaut donc exposer ponctuellement le vélo à la lumière du jour afin d’éviter toute mauvaise surprise.

Ne m’appelez plus jamais MapFour !

À leur lancement, les N1 Air et N1 Pro étaient vendus sous l’appellation ENGWE MapFour. Cette marque devait rassembler les vélos premium d’ENGWE afin de rendre le catalogue très vaste du fabricant plus facile à comprendre.

Le 25 novembre dernier, ENGWE a choisi de pousser cette distinction en transformant MapFour en entreprise indépendante, séparée d’ENGWE. La recherche et développement, la fabrication, les ventes ainsi que le marketing sont maintenant dissociés de la maison mère. MapFour conserve néanmoins les N1 Air et N1 Pro dans son catalogue, bien qu’ils aient été entièrement conçus par ENGWE et perdent donc leur appellation MapFour.

Le nouveau MapFour entend se concentrer exclusivement sur le haut de gamme et devrait dévoiler de nouveaux produits dès 2026.

Le carbone qui fait la différence

Avec 15,6 kg sur la balance, batterie comprise, le N1 Air se situe très, très loin des 25 à 30 kg, voire davantage, habituellement affichés par les vélos électriques. Ce n’est pas qu’un argument commercial : lorsqu’il faut le soulever pour gravir un escalier, l’écart saute immédiatement aux yeux. Pour les personnes vivant en appartement ou amenées à porter régulièrement leur vélo, c’est un atout… de poids !

Cette masse contenue doit beaucoup au cadre en fibre de carbone T700. Le cadre seul affiche seulement 1,28 kg, soit environ le poids d’un notebook. ENGWE annonce une rigidité onze fois supérieure à celle d’un cadre en aluminium comparable. Concrètement, cela favorise un transfert de puissance très efficace au pédalage et une meilleure filtration des vibrations de la chaussée.

Le N1 Air adopte un style à l’opposé des vélos traditionnels. Les gros pneumatiques et le look massif des fat bikes disparaissent au profit d’une silhouette épurée, discrète et presque minimaliste. Son cadre monobloc, sans soudures visibles, renvoie une impression de qualité et de raffinement. Les formes sont harmonieuses, tandis que le tube supérieur légèrement effilé ajoute une note sportive sans excès.

La batterie est discrètement logée dans le tube diagonal, si bien que le N1 Air peut presque passer pour un vélo musculaire. Seuls l’écran LCD installé sur le guidon et le moteur intégré au moyeu arrière révèlent sa motorisation électrique. C’est une intégration judicieuse, qui limite l’attention qu’il peut susciter.

Côté finition, l’intégration des câbles dans le cadre participe à la présentation très soignée. Les soudures sont absentes - ce qui est normal avec le carbone - et l’ensemble inspire confiance. Notre vélo d’essai était habillé d’un joli coloris « vert encre », à la fois élégant et discret. Deux déclinaisons sont disponibles : une version step-over classique à cadre haut, celle que nous avons testée, et une variante step-through (ST) à enjambement bas, plus facile d’accès.

Un moteur discret, mais convaincant

Le N1 Air reçoit un moteur arrière de 250 W, avec 40 Nm de couple. Ces valeurs peuvent paraître limitées face à certains concurrents annonçant couramment 60 ou 80 Nm. Sur un vélo aussi léger, ces 40 Nm se montrent néanmoins largement suffisants dans la majorité des contextes urbains.

L’assistance repose sur un capteur de couple efficace, qui assure un comportement souple et naturel malgré la motorisation placée à l’arrière. Cinq niveaux sont proposés, de l’éco au turbo. En ville, les niveaux 2 et 3 permettent sans difficulté de maintenir 25 km/h sans fournir d’effort important. Le niveau 5 rend les côtes faciles à franchir, tant qu’elles ne dépassent pas 10-12 %.

Au-delà de cette inclinaison, la motorisation atteint ses limites et demande davantage d’implication du cycliste. Ces pentes restent heureusement peu fréquentes en environnement urbain. À l’usage, le moteur se fait particulièrement discret : seul un léger sifflement électrique se laisse entendre, souvent masqué par les bruits de circulation.

Autonomie : des chiffres annoncés à l’usage réel

ENGWE revendique une autonomie de 100 km avec sa batterie Samsung de 36V 10Ah (360 Wh). Ce résultat peut théoriquement être atteint sur terrain plat avec un cycliste léger. Dans des conditions plus réalistes, avec un utilisateur de plus de 80 kg et un niveau d’assistance 3 ou supérieur, le constat évolue quelque peu.

Lors de nos essais, réalisés avec un pilote pesant un peu moins de 100 kg une fois équipé, nous avons relevé une autonomie comprise entre 60 et 75 km selon les conditions d’utilisation. En utilisant surtout les modes 2 ou 3 sur un parcours plat ou légèrement vallonné, il est possible de s’approcher des 70 km. En sollicitant généreusement les niveaux 4 et 5, l’autonomie tombe plutôt autour de 60 km. Le N1 Air offre donc une endurance tout à fait satisfaisante, capable d’assurer 3 ou 4 jours de vélotaf sans difficulté.

La batterie peut être rechargée sur le vélo ou retirée pour être chargée à domicile. Son extraction est simple grâce à la clé de verrouillage. Avec environ 2,3 kg, son poids reste acceptable pour la transporter jusqu’à un appartement. Une recharge complète demande entre 5 et 8 heures. C’est assez long et un chargeur plus rapide aurait été appréciable. En le branchant en rentrant du travail, le vélo est toutefois prêt le lendemain matin. Pour une utilisation quotidienne, cela reste donc praticable.

Freinage et transmission : des choix classiques et efficaces

Le N1 Air est doté de freins à disque mécaniques de 160 mm à l’avant comme à l’arrière. Ils remplissent correctement leur rôle au quotidien et proposent un freinage progressif, mais restent nettement en retrait par rapport à une solution hydraulique, en particulier lorsqu’il faut ralentir fort et rapidement. Les freins mécaniques exigent des ajustements réguliers et peuvent perdre en efficacité sous la pluie. C’est le compromis retenu pour préserver un prix accessible. Après quelques jours de rodage, leur mordant devient plus net.

Il reste nécessaire de prévoir ses freinages d’urgence davantage qu’avec des freins hydrauliques. Pour des trajets vélotaf tranquilles, cela ne pose aucun problème. En revanche, si vous roulez vite, transportez une charge ou évoluez dans une circulation particulièrement agitée, la version hydraulique devient pertinente. Elle ajoute 100 €, pour atteindre 1 549 €.

La transmission s’appuie sur un dérailleur Shimano à 7 vitesses. Il s’agit d’une solution éprouvée et fiable. Les passages de rapports sont satisfaisants, même si quelques craquements peuvent apparaître lors des changements sous contrainte. Rien d’inquiétant, mais davantage de fluidité aurait été bienvenu. Les sept vitesses couvrent correctement les besoins urbains et complètent efficacement l’assistance électrique. Les pneus en 700×38C offrent un équilibre pertinent entre rendement et confort. Suffisamment larges pour filtrer les défauts de la route, ils n’entravent pas excessivement la vitesse. Leur profil convient à la ville et offre une bonne accroche sur asphalte sec comme mouillé.

Un confort urbain bien réel

Au quotidien, le N1 Air se montre très agréable pour les déplacements. Sa faible masse le rend vif et facile à contrôler au milieu de la circulation. Il se faufile aisément entre les voitures et aborde les virages serrés sans difficulté grâce à un rayon de braquage très court. Le guidon réglable est également appréciable, puisqu’il permet d’adopter une posture relativement droite, celle que nous privilégions pour les déplacements de tous les jours.

Le cadre en carbone remplit efficacement sa mission de filtre à vibrations. Sur les pavés et les irrégularités urbaines, la différence avec un cadre en aluminium est sensible. La conduite se révèle plus souple et moins brutale. Il ne faut certes pas attendre le confort d’un vélo suspendu, mais la sensation de vélo « tape-cul » est largement évitée tant que l’on circule sur de l’asphalte ou des rues pavées.

Sur les chemins abîmés et les chaussées mal entretenues, la situation change. Les secousses deviennent sensiblement plus marquées, d’autant que la selle perd alors de son agrément. C’est dans ces conditions que notre postérieur a rapidement réclamé l’ajout d’un coussin en silicone pour améliorer le confort de conduite.

L’écran LCD, placé à gauche du guidon, affiche toutes les données essentielles : vitesse, charge restante, niveau d’assistance et kilométrage. Il demeure lisible même sous un fort soleil. La commande à trois boutons est intuitive, y compris avec des gants. ENGWE a également prévu des détails utiles avec des fixations filetées destinées à un porte-bidon et à un porte-bagages arrière. Il est toutefois regrettable que ce dernier ne soit pas fourni d’origine.

Des fonctions connectées appréciables

Le N1 Air embarque une puce Bluetooth ainsi qu’une connectivité 4G - offerte pendant un an, puis facturée 40 € par an - pour communiquer avec l’application compagnon disponible sur iOS et Android. Parmi les fonctionnalités proposées, la géolocalisation GPS en temps réel constitue un véritable « plus ». En cas de vol, elle permet de localiser le vélo. Le géorepérage (geofencing) sert à définir des zones autorisées : si le vélo sort de l’une d’elles, une alarme se déclenche sur le vélo, avec feu clignotant et sonnerie, tandis qu’une notification est envoyée sur le smartphone. Il est aussi possible de faire retentir le vélo à distance, une fonction particulièrement pratique dans un parking encombré.

Le verrouillage électronique permet de sécuriser le vélo directement depuis l’application. Une fois activé, il empêche le démarrage de l’assistance électrique. L’alarme de détection de mouvement peut aussi être enclenchée : toute tentative de déplacement du vélo verrouillé provoque alors une sonnerie.

L’application propose également une navigation GPS. Après avoir renseigné une destination, des flèches de direction apparaissent sur l’écran du N1 Air pour accompagner le cycliste. La fonction est fiable et pratique, même si l’itinéraire suggéré n’est pas systématiquement le plus rapide.

ENGWE N1 Air : l’avis de Presse-Citron

Avec son N1 Air, ENGWE signe un vélo particulièrement séduisant. Sa légèreté, son dessin soigné et la qualité de ses finitions, assez rares dans cette tranche tarifaire, sont autant de points forts. En ville, il est maniable, silencieux et confortable sur l’asphalte. L’assistance, généralement progressive, améliore réellement les sensations de conduite. Les fonctions de géolocalisation et d’antivol apportent une tranquillité appréciable et expliquent une partie de son tarif.

Le vélo n’est pourtant pas sans défauts. Le cadre en carbone absorbe une partie des irrégularités des rues, mais l’absence de suspension se ressent sur les voies les plus dégradées. L’aide du moteur reste satisfaisante tant que la pente ne dépasse pas 10 à 12 %. Au-delà, il faudra compter sur de solides mollets. Enfin, l’autonomie est correcte, mais il ne faut pas oublier de brancher la batterie avant le coucher, car l’opération peut durer 8 heures. Un chargeur rapide aurait clairement été bienvenu.

Les freins mécaniques demandent aussi un peu plus de vigilance, surtout lors des arrêts d’urgence. Ils sont parfaitement fiables en ville dans le cadre de trajets ordinaires, mais des freins hydrauliques constitueraient une amélioration souhaitable. Notre modèle d’essai n’en bénéficiait pas, mais ENGWE les propose comme variante à l’achat.

Affiché à 1 449 € - ou 1 549 € avec les freins hydrauliques -, le N1 Air constitue une excellente porte d’entrée dans l’univers des VAE urbains en carbone… à condition d’accepter les compromis d’un vélo qui privilégie avant tout la légèreté et de ne pas lui demander les prestations d’un VTC confortable ou d’un grimpeur né.

ENGWE N1 Air

Prix : 1449 €

Note : 9.2

Critère Note
Design & ergonomie 9.5/10
Confort d'utilisation 9.0/10
Autonomie 8.5/10
Fonctions connectées 9.0/10
Rapport performance / prix 10.0/10

On aime

  • Conduite confortable
  • Légèreté du vélo
  • Design réussi
  • Autonomie très correcte
  • Montage simple

On aime moins

  • Selle un peu dure
  • Connexion 4G payante au bout d'un an
  • Porte-bagages en option
  • Freins hydrauliques en option

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Julien Martel

Julien Martel est spécialiste du contrôle technique automobile et de la réglementation routière en Dordogne. Installé près de Bergerac, il accompagne les automobilistes dans la compréhension des points de contrôle, de la contre-visite et de l’entretien préventif des véhicules. Il s’intéresse particulièrement à la sécurité routière, aux émissions polluantes et aux évolutions des normes applicables au contrôle technique.

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